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Acte 2.2 La forme la plus parfaite

ASpaceMR 7 août 2020 31


Background
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Une co-production de

Génériques (Début+Fin) : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2015 Blood Music
Avec l’aimable autorisation de Carbon Based Lifeforms pour la réutilisation de sa musique.
Voix du générique : Karine

Crédits musiques

  • “Eistla” r beny (Eistla) 2018 Self Released
  • “Moraine” r beny (Eistla) 2018 Self Released
  • “Constituent Elements” Max Würden (V/A A Strangely Isolated Place/2019) 2019 A Strangely Isolated Place
  • “ Attached, Our Eyes Wide Open” Zinovia (The Gift Of Affliction) 2013 Tympanic Audio
  • “Mimetic” Dalhous (The Composite Moods Collection Vol.1: House Number 44) 2016 Blackest Ever Black

Les artistes

Crédit image

Texte de l’épisode

Introduction

Toujours sur la plage, bercé par la rythmique des vagues.

Tu sais maintenant comment l’humain a pu s’approprier le temps, en faire un outil de plus en plus précis, mais en gardant comme référence originelle le couvercle de la Terre.

Tu sais qu’en regardant le ciel, et le ballet des astres, nos ancêtres ont appris la notion de cycle temporels en remarquant des répétitions dans l’enchaînement des événements stellaires. Les jours, les mois, les années.

Mais que savaient-ils de la planète qu’ils habitaient ? En réalité, pas grand chose.

Avant que l’on commence, je souhaiterais que tu oublies cette idée que les générations qui nous ont précédés étaient des idiots, avec des croyances absurdes.

Pour beaucoup, les légendes étaient simplement de belles histoires qui proposaient une réponse poétique à des phénomènes dont personne ne connaissait l’origine réelle.

En fait, on peut même dire que ceux et celles qui nous ont précédés étaient même plutôt doués.
Un bon exemple, c’est que l’on peut voir la déformation des constellations au fur et à mesure des siècles tellement les cartes du ciel étaient précises.

Ils manquaient de connaissance, mais pas d’intelligence ni d’un sens aigu de l’observation.

On imagine souvent que nos ancêtres les plus lointains pensaient que la Terre était plate. Il n’en est rien.

Imaginer que nos ancêtres pensaient que la Terre est plate est en réalité une forme de propagande qui est apparu durant la Renaissance, afin de dénigrer ce que l’on nomme le Moyen- ge.
Cette période qui réunit des époques si différentes qu’il y a peut-être autant de différence entre l’humanité au début et à la fin de cet époque qu’il peut y en avoir entre la fin du moyen-âge et notre civilisation actuelle…

Tu veux une preuve ? Le globe terrestre placé dans la main de l’empereur Charlemagne qui signifie son pouvoir sur le monde est bien une sphère.

Maintenant que les idées reçues sont balayées, reprenons.

Nous n’avons en réalité que très peu de traces des premiers questionnements.
C’est vrai que c’est à la fois banal et tellement essentiel à la compréhension de notre place dans l’Univers.

Et il faut remonter tellement loin que les écrit finissent par manquer.

Et quand on remonte si loin, imaginer que les humain de l’époque se posent la question, c’est peut-être minimiser l’innocence de nos ancêtres.

Pourquoi chercher une explication à quelque chose que l’on a toujours eu sous nos pieds ?

Reprenons l’analogie de l’humain parcourant en accéléré le savoir accumulé de ses aïeux : Quand vous-êtes vous posé la question de la forme de la Terre de votre propre initiative ? Peut-être n’avez-vous pas eu le temps de vous la poser avant qu’on vous l’apprenne ?

A l’échelle de l’histoire de l’Humanité, ce n’est que récemment, vers -625 avant JC que l’on a des traces du questionnement-même de la forme de la Terre. C’est près de 1500 ans après les pyramides ! Cela ne veut pas dire que personne ne s’est posé la question, probablement juste que personne n’avait trouvé de réponse pertinente.

C’est le Mathématicien Thalès, oui celui du théorème avec les triangles, qui s’aventure à définir la Terre comme un disque plat, reposant sur un océan gigantesque. Mauvaise pioche, mais il a eu le mérite de se poser la question et de la noter.

Les ombres de la Terre

Sa réponse, le disque, est déjà bien plus avancée qu’il n’y paraît. Il n’a pas imaginé la Terre comme un plan infini, mais ayant une taille donnée.

Un peu plus tard ce sont Pythagore et Platon qui préfèrent imaginer la Terre comme une sphère… pour une raison plus philosophique que scientifique, la sphère étant une forme jugée plus rationnelle.

Platon disait à ses élèves “Ma conviction est que la Terre est de forme ronde au centre des cieux, et n’a donc besoin d’aucun air ou aucune force qui ne fasse office de support. Si un homme pouvait voler, haut au-dessus des nuages, la Terre ressemblerait à l’une de ces balles couvertes de cuir, parée de couleurs variées, ressemblant à celles que les peintres utilisent sur Terre et dont elles ne sont qu’en un sens les échantillons.”

Pour lui, tout était sphères et l’univers lui-même était aussi un globe
“Le créateur a fait l’univers sous la forme d’un globe, rond comme s’il sortait d’un tour de poterie, avec ses extrémités équidistantes en tout point au centre, de toute forme, la plus parfaite et la plus représentative du créateur.”

Ne rigole pas, toi aussi quand tu imagines le big bang, tu penses à une explosion sphérique au milieu d’un vide infini, or on a vu que ce n’est pas le cas.

Mais ce n’est que plus tard que l’on trouve la trace des premières preuves appuyées par l’observation, avec l’un des philosophes les plus observateurs et le plus prompt à tirer des conclusions de sa simple observation : Aristote.

Dans sa “théorie des choses naturelles”, expliquait que les choses lourdes tendaient à vouloir rejoindre le centre de l’univers (pour lui la Terre était au centre de l’univers, et donc les objets voulaient rejoindre le centre de la Terre car il était aussi le centre de l’univers). A noter qu’à l’inverse, l’air et le feu vont en sens inverse.

De cette hypothèse, il tira la conclusion que chaque point sur la Terre devait être attiré vers le centre.
Par conséquent, par la compression de la matière et par convergence, la forme de la Terre ne pouvait être autre chose qu’une sphère.
Ce qui, à son honneur, n’est pas si éloigné que ça de la réalité… si on imagine ne pas connaître les lois physiques dont nous disposons aujourd’hui.
Cela a en tout cas le mérite d’être vérifié par l’expérience, même si les raisons ne sont pas les bonnes.

Cette façon de faire avancer la science et d’avoir une théorie fonctionnelle malgré une hypothèse de départ erronée ou non expliquée par manque de connaissance est ce qui va malgré tout faire avancer la science.

Mais il a fait d’autres observations et hypothèses :

Par exemple, il remarquait qu’en voyageant de la Grèce vers l’Égypte , donc vers le sud, les constellations semblaient plus hautes à l’horizon, plus le trajet avançait.

Seule une surface courbe pouvait expliquer cette observation.

« D’après la manière dont les astres se montrent à nous, il est prouvé que non seulement la Terre est ronde, mais même qu’elle n’est pas très grande, car il nous suffit de faire un léger déplacement, vers le sud ou vers l’Ourse, pour que le cercle de l’horizon devienne évidemment tout autre. “
Quand il parle de l’ourse, il parle bien évidemment de la petite ourse, qui contient l’étoile polaire. C’est une ancienne façon d’exprimer que l’on va vers le Nord, et c’est tellement plus beau de dire que l’on va à l’Ourse.

Toujours avec autant de poésie, il continue :
(…) Ainsi, quand on suppose que le pays, qui est aux colonnes d’Hercule, va se rejoindre au pays qui est vers l’Inde, et qu’il n’y a qu’une seule et unique mer, on ne me paraît pas faire une supposition par trop incroyable. »
Les colonnes d’Hercules sont le nom des montagnes qui bordent le détroit de Gibraltar. Il dit donc qu’il se serait pas une supposition incroyable que l’on puisse rejoindre l’Inde en traversant l’océan Atlantique.

Cela ne sera prouvé par l’expérience, dans notre civilisation occidentale en tout cas, que bien plus tard… Et pas tout à fait puisque il y a un continent inconnu alors entre l’Europe les les Indes.

Mais si l’humanité à cette époque ne peut voir la Terre depuis l’Espace, il y a un moyen d’apercevoir la forme de la Terre : indirectement, et grâce à la Lune.

Si tu es perspicace, tu auras compris que je parle des éclipses de Lune : ce moment où le Soleil, la Terre et la Lune sont alignés et où l’ombre de la Terre est projetée sur la Lune.
A ne pas confondre avec les éclipses solaires, bien plus connues et majestueuses où la lune s’interpose entre le soleil et la Terre.

Aristote émit l’hypothèse suivante : « Lors des éclipses, la Lune a toujours pour limite une ligne courbe : par conséquent, comme l’éclipse est due à l’interposition de la Terre, c’est la forme de la surface de la Terre qui est cause de la forme de cette ligne »

En réalité, cela ne prouve pas complètement la rotondité de la Terre, mais cela prouve que seules deux formes sont possibles : la sphère ou le cylindre. (Le disque restant un cylindre peu épais).

Mais c’est grâce à Ératosthène, père de la géographie, que non seulement la preuve formelle de la rotondité de la Terre fut apportée, mais une approximation de son diamètre et son inclinaison par rapport à l’écliptique, le plan parcouru par le soleil dans le ciel.

L’histoire est connue, mais je te la raconte quand même au cas où :

Il avait remarqué que lorsque le soleil est au zénith, le jour du solstice d’été, il n’y avait aucune ombre du côté d’Assouan, au sud de l’Egypte, près de ce que l’on nomme aujourd’hui le tropique du Cancer.

En mesurant l’ombre d’un bâton planté à Alexandrie, au Nord de l’Egypte, sur les bords de la mer méditerranée, au même moment et en connaissant la distance qui sépare les deux cités, il déduit la circonférence de la Terre avec une précision assez étonnante : 39.375 kilomètres contre environ 40.000 kilomètres pour les estimations actuelles.

Par le même procédé, il a démontré l’inclinaison de l’écliptique sur l’équateur et il fixa cette inclinaison à, approximativement, 23° 51′.

L’expérience d’Aristote consistant à prendre le large depuis la pointe ibérique en direction des Indes nécessita presque 2 millénaires avant que l’expédition de Fernand de Magellan réussit la première circumnavigation.
(Magellan, en revanche non, il est mort en tentant de prendre d’assaut des populations indigènes dans le pacifique)

Si la Terre est ronde, il y a le cas de la sphère d’étoiles qui nous entourent et les études qui s’y rapportent.

L’une de ces discipline est étonnante dans une émission scientifique : nous allons parler de l’astrologie.
L’astrologie

Cela débute par un but relativement noble et assez utile : pour mieux pouvoir se repérer dans le ciel, au lieu de compter les étoiles indépendamment les unes des autres, on les a réunies en groupe aux formes diverses que l’on a nommées, Grande Ourse, Cassiopée, Pégase … Une sorte de moyen mnémotechnique, tout en rendant honneur à ses propres légendes.

Et il y a surtout le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer (ou le Scarabée, ou encore le Crabe), le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Serpentaire, le Sagittaire, le Capricorne (ou la Chèvre), le Verseau et les Poissons.

Ces 13 derniers signes ayant une particularité qui les unit : ces constellations sont toutes alignées sur une seule et même trajectoire que l’on appelle l’écliptique.

On l’a évoqué avec Ératosthène : C’est la trajectoire du soleil et de la Lune.

Et c’est cette spécificité qui permet de repérer et d’associer une constellation à une période et de donner naissance à l’astrologie et aux fameux signes du Zodiaque.

Comme il fallait 12 signes pour les 12 mois de l’année, on a donc abandonné la constellation du serpentaire et séparé l’année en 12 parts égales, et ce, quelle que soit la distance entre les constellations ou leurs tailles respectives.

Parce qu’en réalité, ne le dis pas trop fort à ceux qui aiment regarder l’horoscope, il n’y a tellement, tellement d’incohérences entre les observations astronomiques et les signes astrologiques…

Il y avait pour les grecs antiques, deux sciences complémentaires, la première est l’astronomie et la seconde l’astrologie.

Ptolémée, qui a écrit une des œuvres piliers de l’astrologie, le Tetrabiblos, les présentent en ces termes :

“la première, par le rang et l’efficacité, nous permet de connaître les positions relatives que le Soleil, la Lune et toutes les planètes adopteront à tout moment entre eux et par rapport à la Terre, du fait de leurs mouvements.
La seconde, par l’analyse des caractères naturels propres à ces configurations relatives, nous fait détecter les changements qu’elles provoquent dans le ‘contenu’ qu’elles englobent”

Mais ne soyons pas trop critiques vis à vis de nos ancêtres qui pourraient avoir l’innocence de chercher un sens au monde chaotique qui l’entoure… Tu n’as jamais lu ton horoscope ?

Mais en réalité ils n’étaient pas si naïfs que ça, même Ptolémée faisait la distinction entre la science “dure”, l’astronomie et la science dite “molle”, l’astrologie.

Il exprime clairement que l’influence du ciel n’est au final que très minime sur la Terre et que notre destin n’est pas gravé dans les cieux :

“Évitons de croire que tout ce qui arrive aux hommes est l’effet d’une cause venue d’en haut comme si, dès l’origine, en fonction de quelque irrévocable et divin décret, tout avait été réglé par avance pour chaque individu et se produisait par nécessité, sans qu’aucune autre cause soit en mesure d’y faire obstacle. En vérité, si le mouvement des corps célestes s’accomplit de toute éternité en vertu d’un destin divin et immuable… le changement des choses terrestres est, quant à lui, soumis à un destin naturel et variable, tirant d’en haut ses causes premières selon le hasard, ou par voie de conséquence naturelle”.

Mais l’astrologie n’a pas été complètement vaine, dans le sens qu’elle a donné une raison de plus à l’humanité de scruter le ciel et au final, d’une simple croyance ésotérique est issue le premier jalon de l’astronomie moderne.

Les observations mondiales

On a beaucoup parlé des grecs dans cette partie et c’est normal, ils ont posé tellement de bases dans l’observation de la coupole céleste, on l’a vu quand je t’ai raconté quelques légendes liées aux constellations.

Il est temps de tourner la page, et d’avancer sur le plan des connaissances et nous allons passer à la civilisation suivante dans la grande chaîne d’influence : les Romains.

Mais avant de passer à la suite, je voudrai te donner un point de vue un peu plus mondial sur l’avancé de la science au sens large :

Il n’y a pas des grecs intelligents et des sauvages autour, idem pour les romains. Ce qui est fascinant c’est que cette évolution se retrouve dans le monde entier, à diverses vitesses dans des champs particuliers selon les civilisations.

Je ne t’apprends rien en disant que nous utilisions des chiffres arabes, on t’a peut-être dit que ce sont les premiers à avoir imaginé le concept de zéro. C’est clairement eux qui nous l’ont appris, mais les mayas l’utilisaient bien plus tôt…

Les observations du ciel étant les mêmes pour tous (ou presque, les constellation changent bien évidemment selon les latitudes), on retrouve une logique similaire aussi bien en chine qu’en Amérique ou en Afrique.

Il y a cette idéalisme qui remonte aux Lumières qui souhaite nous relier aux grecs et au romains en occultant le fait que, lorsque les routes commerciales nous ont reliés ensembles dans ce continent d’Eurasie, nous avons échangé bien plus que des produits, mais aussi de la culture et des connaissances.

Et là où c’est triste en un sens est que, comme pour le moyen âge, cette illusion reste pérenne et il est même compliqué pour moi aujourd’hui de trouver des sources qui me permettraient de te montrer les évolutions qui ont eu lieu lors du moyen age ou les apports des pays plus lointains que le bord de la méditerranée.

Garde donc en tête que l’espace est le même pour tout le monde, la science aussi. Quelle que soit ton lieu de naissance sur notre cailloux cosmique.

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